Dernièrement, suite à des messages laissés sur un forum, de jeunes internautes moldaves ont été arrêtés.
Des procédures judiciaires ont été lancées contre eux par les autorités qui ont jugé dangereux leurs messages. Les jeunes seraient soupçonnés de préparer la « désintégration de l’État » et son rattachement à la Roumanie par le biais de messages publiés sur un site d’information en ligne.
Lors de l’interrogatoire du 11 juin dernier, tous les jeunes ont refusé de répondre. L’un d’eux, sous couvert d’anonymat, a accepté de révéler qu’il n’y avait aucun acte d’accusation officiel et qu’aucune preuve n’avait été trouvée. En revanche, on leur reprocherait d’avoir ponctuellement participé à des manifestations.
Autre fait, les autorités ont molesté des retraités qui manifestaient devant le palais du gouvernement. La manifestation « Salvgardare » (qui signifie sauvegarder) avait pour but de lutter pour la protection des droits des retraités.
Par conséquent, on peut déduire de ces faits que les manifestations ne sont pas tolérées en Moldavie.
Il n’y a malheureusement pas que sur internet que la liberté d’expression n’est pas respectée par les autorités.
Les lois qui encadrent l’activité des médias ne sont pas appliquées par les autorités qui n’hésitent pas à utiliser des pressions économiques contre les médias critiques.
Les taxes appliquées par la Poste sur la distribution des journaux affectent les coûts d’abonnements et pénalisent ainsi le développement de la presse privée. Autre moyen de pression utilisé par le gouvernement, les soutiens financiers accordés à des rédactions dans le but de promouvoir sa politique.
L’année dernière, un projet de loi sur la liberté de la presse avait été présenté par l’opposition. Ce projet de loi comprenait :
- - le respect des engagements concernant la liberté de la presse énoncés dans le Plan d’Action Union Européenne/République de Moldavie
- - la nécessité à prendre les mesures nécessaires pour élucider les différentes agressions de journalistes et prévenir les atteintes à l’intégrité physique et morale des professionnels de l’information.
Le texte a été rejeté.
En Moldavie, il peut être dangereux d’exprimer ses opinions sur Internet ou dans les médias. Pour les pouvoirs publics, il ne faut pas que la liberté d’expression menace « l’ordre constitutionnel et l’intégrité de l’État ». Pourtant d’après un arrêt du Conseil constitutionnel moldave remontant à octobre 2006 : « à moins de représenter une menace propre à susciter la violence, personne ne peut être puni pour avoir critiqué ou dénigré l’État ou ses symboles ». La Déclaration sur la liberté du discours politique dans les médias adoptée par le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 12 février 2004 énonce « qu’en raison de leur position dominante, ces institutions [État, gouvernement] ne devraient pas être protégées en tant que telles par le droit pénal contre les déclarations diffamatoires ou insultantes. Lorsque ces institutions bénéficient toutefois d’une telle protection, cette protection devrait être appliquée de façon très restrictive en évitant, dans tous les cas, qu’elle puisse être utilisée pour restreindre la liberté de critique ».
Il semble donc que les autorités moldaves aient tendance à interpréter à leur façon la loi à leur façon. Qui protègent-elles vraiment ? Les institutions ou elles-mêmes ? Cette dérive devient dangereuse pour la démocratie moldave.
Suite à ces événements, l’Union européenne a décidé de se pencher sur le problème.
Reporters sans frontières : organisation internationale qui défend la liberté de la presse dans le monde entier.